Arts et vie culturelle à Bichkek

Bichkek concentre les grandes institutions culturelles du Kirghizstan, presque toutes nées de la période soviétique. Elles coexistent avec un patrimoine oral et artisanal nomade que l'Unesco a largement reconnu.

Scènes et salles

Le théâtre national d'opéra et de ballet Abdylas Maldybaev, fondé en 1937, occupe depuis 1955 un bâtiment à colonnade de près de 1 000 places. Il a créé le premier opéra kirghize, Aïtchourek, en 1939. La Philharmonie nationale Toktogul Satylganov, établie en 1936 autour d'un orchestre d'instruments populaires, dispose depuis 1980 d'un vaste édifice de béton face à la mairie. Le théâtre dramatique national kirghize Toktobolot Abdoumomounov, issu d'un studio créé en 1926, célèbre son centenaire en 2026.

Musées

Le Musée national des beaux-arts Gapar Aïtiev, fondé en 1935 autour de 72 toiles russes venues de la galerie Tretiakov, conserve aujourd'hui quelque 18 000 pièces, peinture kirghize du XXe siècle et arts décoratifs compris. Le Musée national d'histoire, sur la place Ala-Too, a rouvert en novembre 2021 après 5 ans de travaux et couvre la préhistoire comme la période contemporaine.

Manas et traditions orales

L'épopée de Manas forme le socle de la culture kirghize. Sa récitation par les manastchi figure au patrimoine immatériel de l'Unesco, d'abord par l'art des akyns en 2008, puis par la trilogie Manas, Semeteï et Seïtek en 2013. Les joutes d'improvisation aïtych, inscrites en 2015, s'accompagnent du komuz, luth à trois cordes qui reste l'instrument national, aux côtés du kyl kiyak et de la guimbarde temir komuz.

Littérature et cinéma

Tchinguiz Aïtmatov, né en 1928 et mort en 2008, demeure l'écrivain kirghize le plus traduit. Ses récits, de Djamilia en 1958 à Une journée plus longue qu'un siècle en 1980, ont circulé en kirghize comme en russe. Il repose au mémorial d'Ata-Beït, près de Bichkek. Le studio Kirghizfilm, créé à Frounzé en 1942, porte dans les années 1960 ce que la critique a appelé le miracle du cinéma kirghize, avec des films primés dans les festivals européens, souvent tirés d'Aïtmatov. Aktan Arym Kubat prolonge cette veine depuis les années 1990.

Création contemporaine et artisanat

La scène actuelle se partage entre galeries privées, ateliers indépendants et collectifs, dont l'École d'art contemporain de Bichkek, active depuis 2020. L'artisanat du feutre garde une place centrale, avec le chyrdak, tapis de mosaïque cousue, et l'ala-kiyiz, aux motifs incrustés dans la laine. Ces deux techniques sont inscrites depuis 2012 sur la liste de sauvegarde urgente de l'Unesco et se vendent dans les bazars et les boutiques de la capitale.