Bichkek se lit facilement grâce au plan régulier tracé par les ingénieurs russes après la fondation de la ville en 1878. La capitale couvre environ 170 kilomètres carrés à 800 mètres d'altitude, adossée au nord de la chaîne du Kirghiz Ala-Too.
Le centre repose sur une grille orthogonale d'îlots rectangulaires, héritée du plan d'arpentage appliqué à l'ancienne forteresse kokandaise de Pichpek. Les rues se coupent à angle droit sur plusieurs kilomètres, ce qui limite les impasses. La pente générale descend du sud vers le nord, si bien que la montagne indique le sud et le sens de la circulation des eaux le nord.
L'avenue Tchouï traverse la ville d'est en ouest et concentre les bâtiments publics, les universités et les grands commerces. Les axes nord-sud assurent la liaison entre la périphérie et le centre, au premier rang desquels l'avenue Manas, la rue Abdrakhmanov, encore appelée Soviétique par les habitants, et le boulevard Erkindik, planté d'arbres entre la gare et le centre. Leur perspective s'achève sur les crêtes, repère constant pour l'orientation.
Le pôle institutionnel se resserre autour de la place Ala-Too, entre la Maison Blanche, le Parlement, la mairie et le Musée national d'histoire. Les ambassades se répartissent dans les rues voisines, plus calmes, notamment le long du boulevard Erkindik et de la rue Orozbekov.
La croissance soviétique des années 1960 à 1980 a produit des ensembles de barres et de tours organisés en microrayons, unités de voisinage numérotées qui associent logements, école, crèche et commerces. Le sud et l'est de la ville en conservent les exemples les plus complets. Des quartiers portent en outre un nom propre, comme Vostok-5 à l'est, Asanbaï au sud et Djal au sud-ouest, ce dernier étendu sur le piémont.
Les quartiers nés de l'exode rural depuis les années 1990, appelés novostroïki, ceinturent la ville au nord, à l'est et à l'ouest. Ils se composent de maisons basses sur parcelles individuelles, avec des voies souvent non revêtues et un tracé moins régulier que celui du centre. Leur rattachement progressif à la commune s'accompagne d'un équipement inégal.
Des canaux d'irrigation à ciel ouvert, les aryks, longent la plupart des rues et alimentent les alignements d'arbres plantés depuis la fondation. Ce réseau, combiné aux parcs, donne à Bichkek un ombrage continu sur les trottoirs pendant l'été.
Une adresse kirghize associe le nom de la rue, le numéro d'immeuble et, le cas échéant, le numéro d'appartement, parfois suivis du microrayon. Beaucoup de rues ont changé de nom après 1991 tout en gardant leur appellation soviétique dans l'usage courant, ce qui explique la coexistence de deux dénominations sur les plans et les enseignes.