Bichkek rassemble à elle seule près d'un habitant du Kirghizstan sur cinq. Sa croissance tient beaucoup moins à la natalité urbaine qu'à l'arrivée continue de familles venues des régions rurales du pays.
Le Comité national de statistique recensait 1 362 900 habitants à Bichkek au 1er février 2026, pour une population nationale de 7 422 000 personnes au 1er mars de la même année. La capitale concentre ainsi environ 18 % des habitants du Kirghizstan, loin devant Och, deuxième ville du pays. Ces chiffres portent sur la population résidente enregistrée et sous-estiment le nombre réel de personnes présentes, une partie des nouveaux venus conservant leur enregistrement de résidence dans leur région d'origine.
La ville a doublé de taille depuis l'indépendance. L'essentiel de cet apport provient de l'intérieur du pays, en particulier des provinces méridionales et de Naryn. Faute de logements accessibles, les arrivants ont bâti des quartiers spontanés à la périphérie, appelés novostroïki ou jilmassivy. La municipalité en comptait 57, occupant près d'un tiers de la superficie communale et abritant plus de 200 000 personnes. Leur rattachement progressif à la ville n'a pas résorbé les retards d'équipement en eau, en gaz et en transport public.
Le peuplement de la capitale s'est inversé en une génération. Au recensement de 1989, les Russes formaient 55 % des habitants et les Kirghizes 22 %. Au début des années 2020, les Kirghizes approchent les trois quarts de la population et les Russes environ 15 %. La ville abrite aussi des Ouzbeks, des Doungans, descendants de musulmans venus de Chine au XIXe siècle, des Ouïgours, des Tatars, des Coréens et des Allemands, ces derniers en nombre très réduit depuis les départs massifs vers l'Allemagne.
L'émigration des russophones commence avant 1991 et s'accélère dans la décennie suivante, pour des motifs économiques et linguistiques. Le nombre de Russes de Bichkek est passé d'environ 345 000 personnes en 1989 à un peu plus de 160 000 au début des années 2020. Le russe reste pourtant la langue dominante des échanges quotidiens dans la capitale.
Le pays conserve une natalité élevée, de l'ordre de 19 naissances pour 1 000 habitants en 2024, et une population jeune, un tiers des Kirghizstanais n'ayant pas atteint l'âge de travailler. Bichkek enregistre toutefois l'accroissement naturel le plus faible des régions du pays. Une part importante des actifs travaille à l'étranger, surtout en Russie et au Kazakhstan. Les transferts de ces migrants ont longtemps représenté plus de 30 % du produit intérieur brut kirghize, et la Russie en fournissait encore l'essentiel en 2025.